"D' "ARS AMATORIA"

Les vins préparent les esprits et les rendent ouverts aux ardeurs [...]
Et Vénus dans les vins devient feu ajouté au feu [...]
Donc, lorsqu'on t'offrira les dons de Bacchus attablé
Et qu'une femme partagera ton propre triclinium,
Prie les divinités nocturnes sacrées
D'éviter que le vin n'endommage ta tête.

Alors tu pourras dire des choses cachées en langage cryptique,
Qu'elle sentira à elle-même adressées :
De légères douceurs écrites dans un peu de vin, de sorte que celle-ci
Sur la table lise que tu lui appartiens désormais.

Et regarde-la dans les yeux, avec des yeux révélant la passion :
Un visage silencieux a souvent voix et paroles.
Cherche ensuite à saisir en premier ce verre où elle a posé ses lèvres
Et à boire précisément où elle a bu,
Et en le prenant, touche aussi sa main. [...]

Nous te donnerons la mesure établie de la boisson,
Et que l'esprit et les jambes fassent bien leur part. [...]
Des querelles dues au vin, avant tout, tiens-toi éloigné. [...]
L'ivresse, quand elle est vraie, ne sert à rien, elle servira si elle est simulée :
Fais que ta langue bute, sournoise en son bégayant,
De sorte que tout ce que tu diras ou feras d'un goût plus audacieux
Soit cru dû seulement au trop de vin."

Publio Ovidio Nasone

Poète • Italie • Ier siècle av. J.-C.

Toutes les citations

Créé par d'Araprì