"LE DON DE DIONYSOS Et la plus grande grappe/ j'ai cueillie avidement,/ qui pesait d'ambroisie/ comme le sein ineffable/ d'une déesse/ donné à l'adolescent/ pour se réjouir et mourir là./ Les raisins étaient vivants/ d'une chaleur inépuisable/ à mes doigts glacés./ J'ai senti dans mon cœur le parfum/ de la feuille de vigne déchirée/ comme un voile/ arcane qui se fendait./ Ô Vie, cela m'a semblé le premier/ et le dernier de tes dons,/ et que mes jeunes dents/ n'avaient jamais remué la pulpe de riche/ fruit ni mes lèvres sanglantes/ n'avaient jamais bu une gorgée/ sauvage./ J'ai senti dans mon cœur/ le parfum de tous les vignobles/ et le goût de tous les moûts,/ j'ai eu les vendanges mousseuses/ de tous les automnes fertiles/ dans mon cœur et les fêtes et les chants/ le choc des pieds dansants le son/ des flûtes phrygiennes et Lesbos/ rouge de torches pour la naissance/ du vin et la vague chorale/ et le pas du cothurne lydien./ Ô Vie, quand ma bouche/ Vierge de baisers/ J'ai donné à ta grappe nocturne."
Créé par d'Araprì