"Fuis vers l'orient,
Où les patriarches respirent l'air pur,
Parmi l'amour, le vin et les chants,
La source de Chiser te rajeunit.
En pureté et justice,
Je veux pénétrer
Le principe profond des peuples,
Quand ils recevaient encore de Dieu
La doctrine céleste en langue terrestre,
Sans avoir à se creuser la tête.
Quand les pères honoraient
Et rejetaient les cultes étrangers;
Je veux goûter aux limites de la jeunesse;
La foi immense et la pensée étroite,
Comme pesait alors la parole,
Car la parole dite était pesante.
Je veux rejoindre ces bergers,
Apaiser ma soif aux oasis,
Voyager avec les caravanes
Pour commercer des châles, du café, de la mousse.
Je veux pratiquer tous les chemins
Qui mènent du désert aux villes.
Le voyage ardu sur les falaises,
Tes chants, Hafis, me réconfortent,
Quand le guide, depuis sa haute selle sur le mulet,
Est saisi d'extase
Pour réveiller les étoiles
Et effrayer les bandits.
Je pense à toi, Hafis sacré,
Dans les tavernes et les bains,
Quand le voile se lève sur la beauté
Et l'odeur d'ambre monte de ses cheveux.
Que les murmures du poète soient les propres de l'amour
Pour faire palpiter même les pierres.
S'ils t'envient
Et essaient de rétrécir ton esprit,
Sache ceci : les mots des poètes
Flottent près des portes du ciel
Et en frappant doucement
Obtiennent la vie éternelle."
Créé par d'Araprì